Auteur : Balzac

Pédophilie : L’Eglise catholique doit ouvrir ses archives secrètes sur les pédophiles

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« L’Eglise doit ouvrir ses archives secrètes sur les pédophiles »

"L'Eglise doit ouvrir ses archives secrètes sur les pédophiles"
Le 7 novembre 2016, à l’église Sainte-Foy-les-Lyon-Saint-Luc, lors d’une messe organisée en hommage aux victimes de violences sexuelles commises par le père Preynat, soupçonné d’avoir abusé de 70 scouts en service. (Jeff Pachoud/AFP)

Après le rapport sur la pédophilie dans l’Eglise catholique en Pennsylvanie, le président de l’association La Parole libérée, François Devaux, dresse un bilan de la situation en France. Amer.

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Cofondateur et président de l’association de victimes La Parole libérée, à l’origine des révélations d’actes pédophiles qui ont secoué l’Église de France depuis 2015, François Devaux regrette qu’elles n’aient pas abouti sur une enquête de grande ampleur, menée par une instance indépendante. Interview.

Une enquête menée par le procureur général de Pennsylvanie, aux Etats-unis, révèle que 301 prêtres ont fait plus de 1.000 victimes en 70 ans. Et qu’ils ont été couverts par leur hiérarchie. L’enquête a mobilisé 23 personnes pendant deux ans… Comment réagissez-vous ?

Ce rapport montre ce que nous voyons partout dans le monde : pour que l’Eglise catholique cesse de protéger ses pédophiles, il faut une enquête administrée par une autorité indépendante. En Australie, c’est la Commission royale australienne qui a révélé des chiffres abyssaux sur la pédophilie. En Irlande, c’était une enquête judiciaire sur un diocèse qui a tout fait basculer…

Et en France ? Depuis vos révélations sur les agressions sexuelles du père Preynat et sa protection par le diocèse, début 2016, on aurait pu s’attendre à un grand déballage. Il n’y en a pas eu ?

Non, hélas. On a reçu plus de 1.500 témoignages de victimes (de prêtres et d’autres), des médias ont sorti des affaires, mais il n’y a pas eu d’enquête de grande ampleur, menée par une instance indépendante. Il aurait pu y avoir une enquête parlementaire. L’idée a été portée par certains, notamment auprès du président du Sénat, Gérard Larcher, mais pour l’instant, rien n’a été lancé.

Le gouvernement ne s’est pas emparé de la question non plus. Certes, il a une séparation de l’Etat et de l’Eglise, mais il pourrait mettre la pression en s’appuyant sur l’obligation légale pour chacun de dénoncer des agressions sexuelles sur mineur.

Le rapport de Pennsylvanie évoque le droit des victimes à poursuivre les diocèses en justice. Pourquoi n’avez-vous pas poursuivi le diocèse de Lyon pour non-dénonciation d’actes pédophiles ?

Parce que ce n’est pas possible ! Aux Etats-Unis, on peut attaquer juridiquement un diocèse. Les révélations du journal « The Boston Globe » en 2002 ont abouti à une lourde condamnation financière du diocèse de Boston.

En France, c’est impossible car un diocèse est en fait constitué d’une multitudes d’associations. Dans notre affaire, cinq évêques se sont succédé, qui étaient au courant des actes du père Preynat. Mais on ne peut pas attaquer l’institution, on ne peut viser que des individus, ce qu’on a fait en poursuivant le dernier en poste, le cardinal Barbarin.

Le rapport a révélé que tous les évêques de Pennsylvanie avaient des archives secrètes, avec les noms de prêtres pédophiles. En France, les évêques ont aussi leurs archives secrètes ?

Bien sûr ! Dans le cadre de notre action en justice, nous avons obtenu qu’une perquisition soit menée au diocèse de Lyon. On connaissait l’existence d’un coffre-fort, où étaient entreposés des dossiers. Cette perquisition a permis à la justice de mettre la main sur ces documents, impliquant d’autres prêtres.

Tous les diocèses devraient se retrouver dans l’obligation d’ouvrir ces archives… enfin, si tant est que ces dossiers n’aient pas disparu. Dans le dossier du père Preynat, on a retrouvé trois lettres seulement, alors qu’il y en avait beaucoup plus !

Le pape a insisté sur le fait que les cas révélés par le rapport de Pennsylvanie sont antérieurs à 2000, signe selon lui que l’Eglise ne couvrirait plus ces agissements aujourd’hui. Qu’en pensez-vous ?

Je n’y crois pas. A partir du moment où l’Eglise garde en son sein des évêques ayant protégé des agresseurs, elle ne sera pas fiable. Le pape a lui-même été accusé d’avoir protégé des agresseurs ! L’actuel numéro 3du Vatican est accusé d’avoir agressé ! Il fait toujours partie du Vatican, et il a fallu une levée de boucliers de l’opinion publique en Australie pour qu’il soit contraint de retourner dans son pays. C’est toujours la pression extérieure qui contraint l’Eglise à changer de position ! Sinon, il y a des mots, mais pas d’actes.

La société française ne fait pas assez pression ?

Pour les politiques, les catholiques constituent un électorat qu’ils n’ont pas envie de chatouiller. Et puis, on a affaire à une élite qui est elle-même culturellement proche de ce pouvoir catholique, elle n’a pas très envie de déboulonner ses idoles.

Par exemple, on essaie de citer à comparaître le numéro 2 du Vatican, qui avait été mis au courant de l’affaire Preynat. Notre citation à comparaître devant le tribunal correctionnel doit passer par le parquet, le ministère de l’Intérieur, celui des Affaires étrangères, avant de partir en Italie par valise diplomatique.

Et bien, étonnamment, notre lettre s’est perdue trois fois de suite, elle n’est jamais arrivée à bon port ! Il semblerait que certains ne soient pas très aidants. Le procès devait avoir lieu en janvier 2019, il a du coup été reporté. Mais on va envoyer une quatrième lettre. On ne lâchera pas.

Le rapport américain propose des mesures pour éviter dorénavant que l’Eglise ne couvre des prêtres. Certaines sont proches de celles que vous aviez suggérées à l’Eglise de France. Où en sont vos propositions ?

Nulle part ! On a demandé le dépaysement des dossiers de prêtres pédophiles dans d’autres diocèses, pour que l’évêque n’ait pas à arbitrer les agissements de l’une de ses ouailles. Pas fait !

Toujours pas non plus de renforcement de l’information des victimes sur les procédures canoniques. Ils n’ont toujours pas accès aujourd’hui au dossier. L’église n’indemnise toujours pas les victimes… Le résultat est très décevant.

Propos recueillis par Emmanuelle Anizon

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Conférence de Téhéran 1968 : progrès accomplis dans les Droits de l’Homme (Nations Unis)

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La proclamation de Téhéran

Proclamée par la Conférence internationale des droits de l’homme à Téhéran le 13 mai 1968

La Conférence internationale des droits de l’homme,

Réunie à Téhéran, du 22 avril au 13 mai 1968, pour passer en revue les progrès accomplis depuis l’adoption il y a vingt ans de la Déclaration universelle des droits de l’homme, et pour dresser un programme d’avenir,

Ayant examiné les problèmes relatifs aux activités entreprises par l’Organisation des Nations Unies en vue de promouvoir et d’encourager le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales,

Ayant présentes à l’esprit les résolutions qu’elles a adoptées,

Notant que l’Année internationale des droits de l’homme est célébrée à un moment où le monde subit des changements sans précédent dans l’histoire,

Tenant compte des possibilités nouvelles qu’offrent les progrès rapides de la science et de la technique,

Persuadée qu’à une époque où les conflits et la violence règnent dans beaucoup de régions du monde, l’interdépendance des hommes et le besoin de solidarité humaine sont plus évidents que jamais,

Reconnaissant que l’humanité entière aspire à la paix et que la paix et la justice sont indispensables à la pleine réalisation des droits de l’homme et des libertés fondamentales,

Proclame solennellement :

  1. Les membres de la communauté internationale ont le devoir impérieux de s’acquitter de l’obligation solennellement acceptée de promouvoir et encourager le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinions politiques ou autres;
  2. La Déclaration universelle des droits de l’homme exprime la conception commune qu’ont les peuples du monde entier des droits inaliénables et inviolables inhérents à tous les membres de la famille humaine et constitue une obligation pour les membres de la communauté internationale;
  3. Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, de même que les autres conventions et déclarations adoptées, dans le domaine des droits de l’homme, sous les auspices de l’Organisation des Nations Unies, des institutions spécialisées et des organisations intergouvernementales et régionales ont établi des normes et des obligations nouvelles auxquelles toutes les nations devraient se conformer;
  4. Depuis l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme, l’Organisation des Nations Unies a accompli d’importants progrès dans la définition de normes relatives à la jouissance des droits de l’homme et des libertés fondamentales et à leur protection. Beaucoup d’instruments internationaux importants ont été adoptés pendant cette période, mais il reste beaucoup à faire pour assurer le respect effectif de ces droits et de ces libertés;
  5. Dans le domaine des droits de l’homme, l’Organisation des Nations Unies a pour principal objectif de permettre à l’humanité d’atteindre un maximum de liberté et de dignité. Pour que cet idéal devienne réalité, il faut que les lois de chaque pays accordent à chaque citoyen — quelles que soient sa race, sa langue, sa religion et ses convictions politiques — la liberté d’expression, d’information, de conscience et de religion, ainsi que le droit de participer pleinement à la vie politique, économique, culturelle et sociale de son pays;
  6. Il faut que les Etats réaffirment leur détermination d’appliquer efficacement les principes consacrés par la Charte des Nations Unies et les autres instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales;
  7. Les graves dénis des droits de l’homme commis dans le cadre de la politique odieuse d’apartheid, préoccupent profondément la communauté internationale. Cette politique d’apartheid, condamnée comme un crime contre l’humanité, continue de troubler sérieusement la paix et la sécurité internationales. Il est donc impérieux que la communauté internationale utilise tous les moyens possibles pour extirper ce fléau. La lutte contre l’apartheid est reconnue comme légitime;
  8. Il faut que les peuples du monde soient pleinement informés des maux qu’engendre la discrimination raciale et s’unissent pour les combattre. Mettre en oeuvre le principe de non-discrimination, principe inscrit dans la Charte des Nations Unies, dans la Déclaration universelle des droits d’homme et dans d’autres instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme, est pour l’humanité une tâche de la plus grande urgence, tant sur le plan international que sur le plan national. Il faut condamner et combattre toutes les doctrines fondées sur la supériorité d’une race et sur l’intolérance raciale;
  9. Huit ans après la Déclaration de l’Assemblée générale sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, les problèmes du colonialisme continuent à préoccuper la communauté internationale. Il est urgent que tous les Etats Membres coopèrent avec les organes compétents de l’Organisation des Nations Unies afin que soient prises des mesures en vue d’appliquer pleinement cette Déclaration;
  10. Le déni massif des droits de l’homme qui résulte de l’agression et des conflits armés, aux conséquences si tragiques, cause d’indicibles détresses humaines et engendre des réactions qui pourraient plonger le monde dans des conflits toujours croissants. Il incombe à la communauté internationale de coopérer pour éliminer de tels fléaux;
  11. Le déni flagrant des droits de l’homme qui résulte de mesures discriminatoires fondées sur la race, la religion, la croyance ou l’expression d’une opinion outrage la conscience humaine et met en péril les fondements de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde;
  12. L’écart croissant qui sépare les pays économiquement développés des pays en voie de développement fait obstacle au respect effectif des droits de l’homme dans la communauté internationale. La Décennie du développement n’ayant pu atteindre ses modestes objectifs, il est d’autant plus impérieux que chaque nation, selon ses moyens, fasse le maximum d’efforts pour combler cet écart;
  13. Les droits de l’homme et les libertés fondamentales étant indivisibles, la jouissance complète des droits civils et politiques est impossible sans celle des droits économiques, sociaux et culturels. Les progrès durables dans la voie de l’application des droits de l’homme supposent une politique nationale et internationale rationnelle et efficace de développement économique et social;
  14. L’existence de plus de 700 millions d’illettrés dans le monde est un obstacle énorme à tous les efforts que l’on fait pour réaliser les objectifs et les buts de la Charte des Nations Unies et les dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Il faut envisager d’urgence une action internationale pour éliminer sur toute la surface de la terre l’analphabétisme et promouvoir l’enseignement à tous les échelons;
  15. Il faut mettre fin à la discrimination dont les femmes sont encore victimes dans diverses régions du monde. Le maintien de la femme dans une situation d’infériorité est contraire à la Charte des Nations Unies comme aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’homme. La pleine application de la Déclaration sur l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes est nécessaire au progrès de l’humanité;
  16. La protection de la famille et de l’enfance reste la préoccupation de la communauté internationale. Les parents ont le droit fondamental de déterminer librement et consciemment la dimension de leur famille et l’échelonnement des naissances;
  17. Il faut encourager au maximum les jeunes dans leurs aspirations à un monde meilleur, où les droits de l’homme et les libertés fondamentales seront pleinement appliqués. Il est impérieux que la jeunesse contribue à forger l’avenir de l’humanité;
  18. Si les découvertes scientifiques et l’évolution de la technique ont récemment ouvert de vastes perspectives au développement économique, social et culturel, ces progrès peuvent néanmoins mettre en danger les droits et libertés de l’individu et requièrent donc une attention vigilante;
  19. Le désarmement libérerait d’immenses ressources humaines et matérielles, actuellement consacrées à des fins militaires. Il faudrait mettre ces ressources au service des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Le désarmement général et complet est l’une des plus hautes aspirations de tous les peuples;

En conséquence,

La Conférence internationale des droits de l’homme,

  1. Affirmant sa foi dans les principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme et des autres instruments internationaux adoptés dans ce domaine,
  2. Adjure tous les peuples et tous les gouvernements de se faire les défenseurs des principes proclamés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et de redoubler d’efforts pour que tous les êtres humains puissent, dans la liberté et la dignité, s’épanouir sur le plan physique, mental, social et spirituel.

 

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L’Eglise Catholique et les Droits de l’homme

Dans son encyclique Pacem in Terris, Jean XXIII reprend le contenu de cette Déclaration dans son premier chapitre. Il écrit ainsi: “tout être humain est une personne, c’est-à-dire une nature douée d’intelligence et de volonté libre. Par là même, il est le sujet de droits et de devoirs, découlant les uns des autres ensemble et immédiatement de sa nature: aussi sont-ils universels, inaliénables”. ( Pacem in Terris, paragraphe 9)

L’Eglise catholique a longtemps combattu les anciennes déclarations des droits. Si elle s’est ralliée à celle de 1948, c’est pour trois raisons principales. La première est l’inscription dans son article 18 de la liberté de pensée, de conscience et de religion. Cette inscription, acceptée à titre de compromis par l’URSS après la guerre, a servi de levier aux Eglises d’Europe de l’Est pour résister aux pouvoirs communistes durant l’après-guerre. C’est au nom de ces libertés et de celle d’association que Solidarnosc a défendu les Polonais et en particulier les ouvriers dans les années 1970-1980. Les libertés de conscience et de religion sont sacrées. Elles ne sont en rien le fruit d’une pensée libertine.

La seconde raison est la mise en valeur, par la Déclaration, des droits de la famille, en particulier à l’article 16. Il est précisé “qu’à partir de l’âge nubile, l’homme et la femme sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion ont le droit de se marier et de fonder une famille”. Cet article a toujours été combattu par les intégristes de tous acabits. Il est inséparable de la liberté de conscience et de religion, et n’a rien à voir avec un droit au mariage pour tous que revendiquent certains courants politiques. Attribuer à la Déclaration des tendances libertines, c’est la confondre avec l’usage abusif qu’en font certains cercles occidentaux pour leur propre discours.

La dernière raison de l’acceptation par la papauté de ce texte est la prise en compte de la dimension sociale de la personne à travers les droits économiques et sociaux et les droits civiques: droit au travail, droit à la propriété privée, droit à un salaire équitable, droit d’association, droit de prendre part aux affaires publiques…Ces droits étaient demandés au départ par les pays communistes et refusés par les Etats-Unis. On doit aux rédacteurs de la Déclaration ce bon compromis qui ne s’inscrit pas dans un individualisme occidental exacerbé.

Enfin confondre la Déclaration avec la recherche du bonheur individuel, c’est oublier la réciprocité des droits et de devoirs inscrite dans le texte à l’article 29. Le respect des droits d’autrui signifie autant de devoirs pour les personnes. Jean XXIII le rappelle dans son encyclique: “chez l’homme, leur sujet, les droits sont liés à autant de devoirs”. (Pacem in terris, paragraphe 28)

Cette intégration des droits de l’homme dans Pacem in Terrisest peu connue des catholiques. Elle confirme la dimension universelle de la Déclaration de 1948. La défense de la dignité infinie des personnes, sur la base de ce texte, est une obligation pour les catholiques qui est plus actuelle que jamais.

La planification familiale, un droit de l’homme !

Publié le Mis à jour le

Avez-vous entendu parler de la « Journée mondiale de la population «

Elle a pourtant été fixée au 11 juillet 2018 !

Et la Conférence de Téhéran ?

 

Une clinique de santé sexuelle et reproductive au Viet Nam. Le pays a étendu ses services de santé en matière de reproduction, notamment la planification familiale, les soins prénatals et postnatals et la prévention du VIH. Photo FNUAP/Doan Bau Chau

La Journée mondiale de la population a été instaurée en 1989 par le Conseil d’administration du Programme des Nations Unies pour le développement, suite au grand intérêt suscité par la « Journée des cinq milliards » célébrée le 11 juillet 1987. Son objectif est d’attirer l’attention sur l’urgence et l’importance des questions de population.

Par la résolution 45/216 de décembre 1990, l’Assemblée générale des Nations Unies a décidé de maintenir la Journée mondiale de la population afin de renforcer la sensibilisation aux questions de population, notamment leur lien avec l’environnement et le développement. Depuis lors la Journée mondiale de la Population est commémorée annuellement dans de nombreux pays par les bureaux du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) ainsi que d’autres organisations et institutions, en partenariat avec les gouvernements et la société civile.

Le Thème 2018 :
« La planification familiale fait partie des droits de l’homme »

Tout au long de l’histoire de l’humanité, les efforts pour planifier, éviter ou retarder la grossesse ont été une lutte privée endurée par les femmes et les filles. Aujourd’hui, les choses ont changé : lors de la Conférence internationale sur les droits de l’homme de 1968, la planification familiale est devenue une obligation en matière de droits de l’homme de tous les pays, gouvernements et décideurs politiques.

Le document final de la conférence, connu sous le nom de Proclamation de Téhéran, a déclaré sans équivoque: « Les parents ont le droit fondamental de déterminer librement et consciemment la dimension de leur famille et l’échelonnement des naissances ».

Enchâssée dans ce langage législatif, une prise de conscience a eu lieu : les femmes et les filles n’ont pas à subir l’épuisement, ni le danger de grossesses trop nombreuses et trop rapprochées. Les hommes et les femmes ont le droit de choisir à quelle fréquence embrasser la parentalité – ou même d’y renoncer. Chaque individu a le droit de déterminer la direction et la portée de son avenir de cette manière fondamentale.

Neuf normes pour défendre le droit de l’homme à la planification familiale

  • Non-discrimination :Les informations et services de planification familiale ne peuvent être restreints en fonction de la race, du sexe, de la langue, de la religion, de l’appartenance politique, de l’origine nationale, de l’âge, du statut économique, du lieu de résidence, du handicap, de l’état civil.
  • Disponibilité :Les informations et moyens de contraception doivent être disponibles en quantité suffisante, avec une variété suffisante, pour répondre aux besoins de tous.
  • Accessibilité :Les pays doivent veiller à ce que les produits et services de planification familiale soient accessibles à tous. Cela signifie que les services et l’information doivent être physiquement accessibles et abordables.
  • Acceptabilité :Les services et l’information en matière de contraception doivent être fournis de manière digne, en respectant à la fois l’éthique médicale moderne et la culture des personnes recevant ces services.
  • Qualité :Les informations sur la planification familiale doivent être clairement communiquées et scientifiquement précises.
  • Prise de décision éclairée :En matière de reproduction, chaque personne doit être habilitée à faire ses choix en toute autonomie, sans pression, contrainte ou fausse déclaration.
  • Vie privée et confidentialité :Tous les individus doivent jouir du droit à la vie privée lorsqu’ils recherchent des informations et des services de planification familiale.
  • Participation :Les pays ont l’obligation d’assurer la participation active et informée des individus aux décisions qui les concernent, notamment sur les problèmes de santé.
  • Responsabilité :Les systèmes de santé, les systèmes éducatifs, les dirigeants et les décideurs doivent être responsables des efforts déployés pour réaliser le droit de l’homme à la planification familiale.
  • Source UNFPA
  • 2018, c’est le 50e anniversaire de la Conférence internationale des droits de l’homme de 1968, où la planification familiale a été, pour la première fois, reconnue mondialement comme un droit de l’homme. La Proclamation de Téhéran stipule que « les parents ont un droit humain fondamental de déterminer librement et de manière responsable le nombre et l’espacement de leurs enfants ».
  • La Conférence a également adopté la résolution XVIII intitulée « Aspects des droits de l’homme de la planification familiale », qui relie ce droit à « la dignité et la valeur de la personne humaine » et note la relation entre l’accès à la planification familiale et la condition féminine.

 

En Guinée, par exemple
Le directeur national de Population et de Développement, Mohamed Sano, déplore que un demi-siècle après la déclaration de Téhéran, la planification familiale comme droit de l’homme est sous pression et soumise à plusieurs attaques notamment la limitation de l’accès à l’éducation, à l’information et aux services de la planification familiale.

Or, explique-t-il, un plus grand accès à la planification familiale, sauverait annuellement de dizaines de milliers de vies en évitant des grossesses non désirées, réduirait le nombre d’avortement et diminuerait sensiblement l’incidence de décès et d’handicaps liés aux complications des grossesses et de l’accouchement.

En Guinée, note le directeur national de la Population et de Développement (DNPD), la politique nationale de la reproduction consacre une place capitale à la Planification familiale dans la lutte contre la mortalité maternelle et mortalité infantile.

Mais … La conférence de Téhéran, vous en avez entendu parler ?

Voir la page : Conférence de Téhéran en Avril-Mai 1968

 

 

Biblio Du dernier rang Les Femmes dans l’église Lucetta Scaraffia

Publié le Mis à jour le

voir DU DERNIER RANG. LES FEMMES ET L’EGLISE

Caractéristiques :


Auteur : Lucetta Scaraffia
Editeur : SALVATOR
Paru en : septembre 2016
Présentation : Broché, 13 mm * 140 mm * 210 mm, 166 pages, 219 g
Code barre : 9782706714252
18.90 €

Résumé

Une première ! Lors du dernier synode romain sur la famille, des femmes ont pris la parole et leurs points de vue ont été repris dans le document final. L’une d’elles, Lucetta Scaraffia, était « assise au dernier rang de la grande Salle du synode ». Elle n’en fut pas moins attentive aux thèmes et aux enjeux du débat. Ce livre développe les points forts de son intervention devant les évêques : l’Église doit se souvenir que c’est le christianisme qui, le premier, a fondé l’égalité spirituelle entre les hommes et les femmes, et que c’est la tradition chrétienne qui a fait germer l’émancipation féminine en Occident. De ces pages il ressort que, « sans les femmes, l’Église ne peut pas penser l’avenir car elles n’acceptent plus de la soutenir, de la servir sans être écoutées ».

Lucetta Scaraffia est une historienne et journaliste italienne, responsable du supplément féminin de L’Osservatore Romano. À la demande du pape, elle contribue à développer une théologie féminine dans l’Église. Elle est intervenue au synode romain sur la famille à la session d’octobre 2015. Essayiste de premier plan, elle est l’auteur de plusieurs livres à succès en Italie.
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Du dernier rang

Les femmes et l’Église

En partant de la situation des femmes, au sein et hors de l’Église, l’historienne Lucetta Scaraffia trace les contours d’une crise sans précédent des relations entre les sexes.

Crise à laquelle l’Église pourrait apporter une réponse satisfaisante… à condition de puiser dans le message « féministe » du Christ et sa propre histoire. Une voie malheureusement inenvisageable tant les autorités de l’Église semblent emmurées dans des positions dogmatiques.

<em>Du dernier rang</em>Lucetta Scaraffia s’appuie sur sa participation, en qualité « d’auditrice désignée » à la seconde session du synode sur la famille réalisé en 2015, pour développer son propos.

Elle y constate « l’ignorance désinvolte » des cardinaux, se posant en défenseurs d’une famille catholique définie comme « naturelle » et donc immuable. Une ignorance de l’histoire du christianisme qui « stupéfie » et « attriste » l’auteure.

Car cette prétendue famille « naturelle » est née durant le concile de Trente, au milieu du XVIe siècle, moment où les pères de l’Église définissent officiellement le mariage comme un sacrement.

Invention capitale, estime Lucetta Scaraffia, puisqu’elle « a permis l’épanouissement de la révolution industrielle, en assurant assistance aux personnes âgées et aux malades, en en supportant les privations pour faire étudier les enfants. » Pourquoi cet héritage reste-t-il sous le boisseau ? Tout simplement parce que « personne ne connaît plus l’histoire, considérée comme un fardeau mnémotechnique inutile. »

L’Église a aussi peur, en reconnaissant la famille comme produit historique, d’affaiblir sa « force normative et d’en faire l’objet de critiques et de propositions de changement. » Or, rétorque l’auteure, l’histoire pourrait être utile à l’Église pour mieux faire comprendre ses positions. Et c’est oublier que le christianisme se fonde sur la croyance en l’Incarnation, autrement dit, qu’il est pleinement enraciné dans l’histoire.

Un monde masculin replié sur lui-même

Cette attitude tient à un événement historique : la suppression, en 1873, des facultés de théologies dans les Universités d’État en Italie, ce qui ne fut pas le cas dans les pays de langue allemande ou anglaise.

Les intellectuels catholiques se sont repliés sur eux-mêmes, évitant toute confrontation avec le monde laïc, au point d’ignorer Claude Lévi-Strauss ou René Girard, et de créer une anthropologie qui s’occupe de la définition de l’être humain, sans aucun rapport donc avec l’anthropologie telle que la conçoit le monde laïc, qui étudie les différents modèles culturels humains !

Cet enfermement, couplé à une tendance permanente à éviter les analyses critiques au profit d’une « parole positive », ont contribué à ce que la question féminine ne soit jamais abordée…

Dans l’Église, les femmes sont reléguées à des rôles marginaux et ne sont jamais écoutées, exclusion qui va de pair avec la « continuelle exaltation du génie féminin »dont l’Église réussit très bien à se passer pour rester « enfermée dans un monde masculin replié sur lui-même ».

Et pourtant, l’histoire de l’Église ne manque pas de femmes de premier plan telles que Hildegarde de Bingen ou Catherine de Sienne qui prêchaient dans les cathédrales et étaient écoutées !

Et Lucetta Scaraffia de rappeler que le christianisme est la première religion à accorder la même valeur spirituelle aux femmes et aux hommes ainsi que les mêmes droits et devoirs dans le mariage, ce qui lui a valu d’attirer de nombreuses femmes aisées dès les premiers siècles.

Mais un renversement a eu lieu au début du XXe siècle, précisément lors de l’émancipation féminine dans les sociétés occidentales, mouvement que l’Église avait pourtant et paradoxalement favorisé en prônant l’égalité spirituelle des sexes !

Les femmes dans une impasse

Au fil de ses réflexions, Lucetta Scaraffia finit par analyser la condition actuelle des femmes. Elle constate d’emblée que l’Église se trompe : c’est l’émancipation des femmes et la révolution sexuelle qui ont porté le coup de grâce à la famille traditionnelle, et non l’individualisme, fût-il exacerbé.

Elle en vient ensuite au désarroi dans lequel vivent les femmes. Car les utopies qui ont débouché sur la pilule contraceptive puis la « révolution sexuelle » ont échoué. D’un côté, les enfants « désirés » n’ont pas fait émerger une humanité meilleure ; de l’autre, la sexualité libre n’a pas débouché sur la félicité tant promise.

Pour autant, le bilan n’est pas totalement négatif. Le sexe et la sexualité ne sont plus des sujets tabous et le « manteau de moralisme » qui faisait dépendre la moralité d’une femme de son comportement sexuel ont disparu. De même, la stigmatisation des filles-mères et des homosexuels n’est plus de mise et les violences faites aux femmes sont désormais condamnées.

Reste que les femmes se trouvent dans une impasse. Elles sont en effet « souvent amenées » à vivre une sexualité modelée sur celle des hommes, ont du mal à devenir mères et voient leur santé altérer par un traitement hormonal permanent. Sur la question de l’avortement, Lucetta Scaraffia ne condamne pas sa dépénalisation mais conteste sa transformation en « bannière de la liberté ».

Elle regrette aussi, à l’instar du sociologue Luc Boltanski, que sa légalisation ait réintroduit une différence entre les « êtres humains non-acceptés » et les « êtres humains acceptés », donnant à la femme une « souveraineté sur la création de nouveaux êtres humains ».

Très opportunément, l’auteure rappelle aussi que Paul VI est devenu le « pape de la pilule » alors qu’il prônait des méthodes naturelles pour réguler les naissances, les seules à même « de ne pas séparer la sexualité de la procréation et donc de ne pas troubler l’équilibre hormonal naturel de la femme. »

De nombreux jeunes ont entendu ce message et choisissent ces méthodes « pour ne pas se gaver d’hormones », qu’ils considèrent comme un danger pour eux-mêmes mais aussi l’environnement. Que fait l’Église ? Rien, hormis « réitérer des interdictions ».

L’ « inéluctable redéfinition des rôles »

Lucetta Scaraffia déplore les attitudes « abstraites » des deux parties en présence au synode, les « progressistes » jugeant inadmissible l’ingérence de l’Église et la hiérarchie ecclésiastique se réfugiant dans de « grands systèmes conceptuels » tout en restant sourde aux problèmes concrets des femmes.

Elle constate surtout que « la culture catholique (…) n’a pas encore été capable d’élaborer sa propre interprétation critique – mais équilibrée – de la grande transformation à laquelle on a assisté, sans refuser l’exigence que celle-ci exprime, à savoir de faire grandir la sphère de la liberté de l’être humain (…) qui doit être canalisé dans un sens positif et pas seulement repoussée comme un danger insensé. »

Un seul document, Mulieris dignitatem, aborde la question des femmes sous la forme d’une « (…) ode au génie féminin centré sur la maternité (…). » Cette « image idéalisée et romantique, incontestablement flatteuse » n’a cependant été suivie d’aucune « avancée concrète favorisant une présence moins sacrifiée des femmes dans la vie de l’Église », ni de la « moindre ébauche d’analyse sur ce que serait la différence masculine et en quoi elle consiste. »

Si les transformations en cours, qui prônent un effacement et une négation de la différence sexuelle, sont clairement condamnables, elles ne donnent lieu au sein de l’Église à aucun travail de réflexion « sur les transformations indispensables que la construction sociale des rôles sexuels doit aborder. »

Or c’est pourtant une opportunité unique. En effet, l’Église « peut beaucoup contribuer »à cette « inéluctable redéfinition des rôles en repensant la théorie de la complémentarité entre les sexes ».

Avec une grande lassitude, Lucetta Scaraffia regrette que l’Église n’ait « aucun rapport vivant avec son histoire » et continue d’avancer « sans confrontation avec le monde extérieur ». Et évidemment sans les femmes, « montrant ainsi qu’elle n’a aucune intention de réfléchir avec elles à l’image de Dieu ».

Que faire ? Lucetta Scaraffia appelle l’Église à reprendre contact avec ses origines féministes et à « comprendre que l’ouverture aux femmes n’est que l’accomplissement de l’ancien message évangélique ». Sera-t-elle entendue ? Son propre diagnostic sur l’Église indique clairement que non.

Vanessa Moley

Quand la religion continue à faire des dégâts ! Armageddon et la fin du Monde à Jérusalem !

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Pourquoi la droite religieuse américaine soutient Israël

Donald Trump et le pasteur Robert Jeffress à Washington, le 1er juillet 2017. (Olivier Douliery/NEWSCOM/SIPA)

Si Donald Trump a décidé de déménager l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, c’est en partie pour plaire aux chrétiens évangéliques, qui rêvent d’accélérer la fin du monde.

Par Pascal Riché / Publié le 14 mai 2018 à 19h49

Ami de Donald Trump, Robert Jeffress, le pasteur qui a lu ce lundi la prière lors de l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, est un drôle de zig. Selon lui, les défenseurs des droits des homosexuels sont des « militants de la pédophilie » et l’islam est une « hérésie sortie du puits de l’enfer ». Et puis, il est convaincu que les juifs qui ne se convertissent pas ne connaîtront pas le salut : logiquement, ils devraient connaître les flammes du châtiment éternel…

Cette dernière conviction du pasteur est conforme avec le récit futuriste de la fin des temps, que de nombreuses églises évangéliques américaines promeuvent depuis une vingtaine d’années et dans laquelle Jérusalem et le peuple juif jouent un rôle central.

Le paradoxe de la situation actuelle, c’est que si Donald Trump aide tant les Israéliens, ce n’est pas seulement pour plaire à Benjamin Netanyahou. C’est aussi (surtout ?) pour séduire les fondamentalistes chrétiens qui composent une partie de sa base électorale. Des Américains qui prennent la Bible au sens littéral.

Apocalypse

On estime que plus de 80% des blancs fréquentant ces églises évangéliques ont voté Trump. Or, depuis une vingtaine d’année, ces églises défendent bec et ongle Israël. Pas forcément par sympathie pour les Israéliens, mais parce qu’ils préparent le retour du Messie et la fin du monde. Or, dans le scénario que ces églises ont dessiné à partir de l’apocalypse de Saint Jean et d’autres textes (Isaïe, Jérémie, Ezechiel, Daniel, Thessaloniciens, Jean, Mathieu…), le peuple juif doit revenir à Jérusalem, y reconstruire le temple et se battre à mort avec ses voisins.

Jérusalem : « Le seul souci de Trump est de consolider sa base électorale »

Pour ces églises évangéliques, les événements actuels au Proche-Orient s’inscrivent dans ce programme prophétique : l’instauration d’un ordre mondial satanique (certains désignent les Nations-unies), le retour du peuple d’Israël à Jérusalem, la chute de Babylone (est-ce Bagdad ? Ou, disent certains, Téhéran ?), la grande bataille contre l’Antéchrist (« Armageddon »), des désastres naturels et au final, l’enlèvement au ciel des bons chrétiens et des juifs convertis (« the rapture »).  Commenceront alors les temps paradisiaques, avec Dieu vivant éternellement au milieu des hommes.

Calcul politique

Petit détail qui a son importance : dans ce scénario eschatologique, les deux tiers du peuple d’Israël périssent dans la bataille de l’Armageddon. Et seuls les survivants qui se convertissent échapperont à l’enfer. Autrement dit, ces chrétiens flattent les Israéliens… tout en étant convaincus qu’ils sombreront.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce galimatias a infusé dans une partie de la société américaine. En 2002, un sondage pour « Time » et CNN montrait que 59% des Américains étaient convaincus que les événements annoncés dans l’Apocalypse se dérouleraient bel et bien.

D’où les pressions de cette droite religieuse sur la Maison-Blanche, pour que Trump agisse au Proche-Orient : il s’agit d’accélérer le processus pour hâter la venue du Christ.

Le président n’est pas insensible à ces pressions. La décision de transférer l’ambassade a été prise malgré l’avis négatif de ses propres conseillers diplomatiques.  Son calcul est purement politique. Selon Elizabeth Oldmixon, qui enseigne les sciences politiques à l’Université du nord du Texas, un tiers des Américains des églises évangéliques seraient des fondamentalistes sensibles au sort d’Israël et à son rôle dans la fin des temps. Soit environ 15 millions de personnes…

Pascal Riché

Pascal Riché

Journaliste

 

 

 

Jésus le Juif.  Par Eduardo Hoornaert. Brésil

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Jésus le Juif.  Par Eduardo Hoornaert. Brésil

 

Un regard neuf sur Jésus. Concret, réaliste, remis dans son environnement, les conception de son époque.
Pas un Jésus qui descend du ciel, un Jésus qui saurait tout, un Jésus qui pourrait tout. Non, l’homme jésus, un homme comme vous et moi, qui a eu conscience d’un destin exceptionnel, qui l’a choisi volontairement et qui l’a assumé jusqu’au bout, comme  les prophètes avant lui.

Beaucoup de problèmes qui nous viennent quand nous lisons les évangiles viennent du fait que nous leur posons des questions auxquelles ils sont incapables de répondre. Nous demandons si Jésus a fondé l’Église, s’il a institué la papauté, le sacerdoce, les sacrements. Parfois nous forçons la lecture des Évangiles, dans l’empressement de ceux-ci à trouver des réponses qui confirment l’organisation actuelle de la vie chrétienne.

Une chose très différente est de vouloir savoir ce que Jésus lui-même a à dire sur lui-même. Ce n’est qu’en donnant la parole à Jésus lui-même que nous respectons la mémoire d’une personne décédée il y a deux mille ans. Ce n’est qu’en écoutant ce que Jésus lui-même nous dira que nous pourrons savoir quelque chose à son sujet. Bien que nous ne puissions nous appuyer que sur des textes écrits à son sujet par des tiers, il existe un moyen de rassembler, sur plusieurs sujets de l’Evangile, les déclarations faites par Jésus lui-même sur lui-même. Depuis plusieurs décennies, il y a un effort de la part des spécialistes du Nouveau Testament dans des études visant à établir une distinction entre des authentiques « Jésus » et les déclarations de la rédaction » déclarations, qui, des mots ou des actions attribuées à Jésus, mais dont l’authenticité est remise en question. Les résultats de ce travail sélectif ne sont pas définitifs, mais sert à toujours offrir des indices où vous pouvez continuer à étudier. En ce sens, se trouve ce bref texte, qui a bien résumé en aucune façon à la suite de nombreuses recherches, je pouvais lire évider le récent livre allemand Jésus Handbuch « , compilé par Jens Schröter & Christine Jacobi, et édité par Mohr Siebeck Tübingen en septembre 2017.

En effet, ces dernières années, la figure de Jésus a été étudiée intensivement à l’aide de sciences telles que l’histoire, la sociologie, l’analyse linguistique et l’archéologie. Aujourd’hui, nous sommes en mesure de pénétrer davantage dans la façon dont Jésus s’est compris et sa mission qu’il y a quelques décennies. Toutes les études des dernières années pointent vers un Juif juif, qui pense aux catégories juives propres à son temps et à l’environnement dans lequel il vit. Votre vision du monde diffère beaucoup de la nôtre. Il suffit de dire que son monde est habité par des murmures, saints ou impurs, par des anges et des démons, forces positives et négatives qui influent puissamment sur la vie humaine. Par conséquent, une «analyse de la réalité» est assez différente de la nôtre, mais non dépourvue de logique convaincante.

Voici quelques points qui révèlent comment Jésus comprend sa vie:

  1. Il croit que Dieu détient le pouvoir dans le ciel, tandis que son adversaire Satan commande la terre et l’enfer. C’est dans la résolution, prise par Dieu, d’étendre son Royaume sur la terre, que Jésus comprend son action, ses miracles et ses expulsions des démons. Jésus croit agir au nom de Dieu et fait ainsi face à son action, qui est inévitablement d’un caractère ponctuel et éphémère. C’est un signe de la résolution de Dieu d’étendre Sa domination sur la terre. Jésus comprend que son action est l’œuvre de Dieu, c’est-à-dire qu’il agit au nom et dans la puissance de Dieu. Ce n’est pas une action proprement humaine, mais une action de Dieu (Jésus parle en « grâce de Dieu »).

  1. Croyant être celui qui est envoyé par Dieu, Jésus comprend que ses actions sont finalement les actions de Dieu. Toute personne qui pense qu’il accomplit des miracles, chasser les démons et loin « coups mal » par la puissance de Satan, et ainsi scandalisé par Jésus, est malveillant, comme la guérison des malades, par exemple, ne peut pas être l’œuvre de Satan, depuis qu’il obéit à la logique du Royaume de Dieu, qu’il lutte contre la maladie et les autres maux.

  1. Jésus croit que plus le cercle de guérison et d’exorcisme (expulsions de démons) est large, plus le Royaume de Dieu est élargi. Les soixante-dix disciples sont envoyés pour circuler à travers les villages, guérissant et chassant les démons. L’idée n’est pas de fonder une institution religieuse, mais de répandre le Royaume de Dieu pour lutter contre ce qui nuit aux gens, comme la maladie, la marginalisation, etc.

  1. Un malentendu commun consiste à penser qu’adhérer à Jésus signifie adhérer à une religion, sans agir comme conséquence de ce qu’il a entendu de la bouche de Jésus. «L’homme qui entend mes paroles ressemble à ceux qui, voulant construire leur maison, creusent profondément et mettent la maison sur la pierre. La tempête arrive, les eaux se jettent contre la maison, mais elle n’est pas ébranlée. Celui qui entend, mais ne fait rien, se compare à un homme qui bâtit une maison sans fondement. L’eau joue contre la maison, elle s’effondre. Sa ruine est totale(Lc 6, 47-49). Il ne suffit pas de dire «Heureux les pauvres», il faut faire quelque chose pour rendre les pauvres heureux.

  1. Bien qu’il soit accompagné de nombreux disciples (soixante-dix), Jésus tient à choisir un cercle plus intime de douze, «choisi d’être près de lui, d’être envoyé en son nom et d’avoir l’autorité de traquer les démons. Il a donc fondé les douze « (Mc 3, 14-16). Ces apôtres sont comparables aux douze patriarches d’Israël. Ils sont les patriarches d’un nouvel Israël, collaborateurs dans la construction du Royaume de Dieu.

  1. La prédilection de Jésus pour les montagnes et les hauts lieux vient de l’idée que la montagne est le lieu où le paradis de Dieu est le plus proche et le pays de Satan plus éloigné. Dieu parle de préférence sur la montagne, près de sa demeure. En temps de domination satanique sur la terre, il est bon de monter sur la montagne, comme l’ont dit les grands prophètes. Que ce soit Tabor, Carmel, Horeb, ou même le Sinaï, la montagne est un endroit plus proche du paradis. C’est sur le Mont Sinaï que Dieu parle à Moïse et au Carmel, qu’en présence de tout le Royaume du Nord assemblé pour célébrer, Elie montre d’une manière spectaculaire que Ihwh est le plus grand. C’est sur le mont Thabor que Jésus converse avec Moïse et Elie. Sur la montagne, il trouve l’inspiration pour faire ses déclarations les plus directes:  Vendez toutes vos possessions, donnez de l’argent aux pauvres.Vous allez donc amasser un trésor dans le ciel(Mt 19, 21). Sur terre, c’est-à-dire dans le monde selon la volonté des hommes, l’argent vaut beaucoup. Cependant, au ciel, c’est-à-dire dans le monde selon la volonté de Dieu (le Royaume de Dieu), il est nécessaire de changer les valeurs monétaires par d’autres valeurs, c’est-à-dire par l’attention à la situation de l’humanité.

  1. Comment Jésus fonctionne-t-il psychologiquement avec cette conviction d’être l’envoyé de Dieu pour établir son Royaume sur la terre ? Un texte fort de Luc décrit ceci. L’idée laisse Jésus agité, impatient et en même temps résolu: je suis venu mettre le feu à la terre et je ne peux pas attendre qu’il l’attrape. Je dois me mettre dans un baptême et me tourmenter moi-même, car je ne vois rien changer. Pensez-vous que je suis venu apporter la paix sur terre ? Mais non: j’apporte la division (désunion). Désormais, cinq personnes vivent dans une maison, et ils seront divisés. Ce sera trois contre deux et deux contre trois. Père contre fils, fils contre père. Mère contre fille, fille contre mère. Belle-mère contre belle-fille, belle-fille contre belle-mère(Lc 12, 49-53). Le prophète Elie avait une émotion similaire: Je suis pris d’une passion furieuse pour Ihwh(1 Rois 19, 10). Et le Psaume 39 se lit comme suit :Mon cœur brûle en moi, un feu est allumé en moi (Psaume 39: 4).

  1. Pas pour moins. Avec Jésus, le royaume de Satan sur la terre est ébranlé. Les démons sont expulsés, mieux, convertis en anges. Fondu dans l’esprit de Jésus, les mauvais esprits qui sont des millénaires à travers le monde, les démons des sept sous-sol profond, des dragons, des serpents, des monstres, des malédictions, les troubles étonnants, masques menaçants CIFRE, les bourreaux, les tyrans le mal, les « » splitters (diabolos), la turbidité, les perturbations, les ruptures, les tyrannies, la queue déferle sur le monde, les chauves-souris qui sucent la vie, les ongles griffant chaque signe de vie, d’énormes crocs, le soleil noir, l’obscurité de Lucifer (l’ange chargé d’apporter la lumière transforme le prince des ténèbres), l’adversaire, les mauvaises pensées, le désordre dans la conscience humaine, la tromperie, le diable infiltrée l’histoire. Les anges apparaissent, messagers de Dieu, gardiens de la vie, conducteurs des étoiles et des hommes, protecteurs des plantes et des enfants de Dieu. Entrez Michael, Gabriel, Rafael, les protecteurs de la vie. Jésus visualise, avec Esaïe, les séraphins autour du trône de Dieu. Il voit les anges gardiens protéger les gens, célébrer, célébrer et publiciser. Quelque chose de complètement nouveau arrive.

  1. Cette conviction remplit l’âme de Jésus d’une joie sans équivoque. Des images terribles, qui ont tourmenté l’humanité pour toujours, disparaissent à mesure que des images de lumière et de festivités apparaissent. Là où Jésus marche, c’est une ambiance festive. En sa présence, personne ne jeûne. « Dans une fête de mariage, a fait l’honneur d’accompagner le marié?… Pendant qu’il est avec eux, ils ne jeûnent pas. Le jour viendra où le fiancé sera emmené. Ensuite, ils vont jeûner… Personne ne répare les vieux vêtements avec de nouvelles coutures: le nouveau morceau va tirer le vieux, nouveau sur le vieux, et la déchirure sera pire… Personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres. Le vin casse les outres et tout est perdu. Vin nouveau, nouvelles outres »(Mc 2, 18-22). Le nouveau vin de la joie, de la joyeuse convivialité: «un homme offre une grande fête»(Lc 14, 16).Célébrez, car mon fils était mort et vivant de nouveau, il a été perdu et il a été retrouvé »(Lc 15, 24). Jésus invite les gens à manger et à boire avec lui, y compris les «pécheurs et les collecteurs d’impôts». La Lettre aux Hébreux, les années 65, se traduit par cette joie contagieuse : (Vous n’avez pas à vous plaindre, car) est la montagne de Sion, la ville du Dieu vivant, la Jérusalem céleste et la partie myriade aux anges que vous êtes approche (Hb 12, 22).

  1. Comment Jésus se présente-t-il ? Envoyé de Dieu, vêtu de la puissance de Dieu, plus que prophète, il subit le sort des prophètes. Plus qu’un annonceur du Royaume de Dieu, il l’accomplit en battant le royaume de Satan et en démontrant son pouvoir sur les démons. Plus qu’idéalisant le nouvel Israël, il en est l’initiateur, mais seulement d’une manière actuelle. Il s’est engagé à étendre le Royaume de Dieu sur la terre et à fonder un nouvel Israël. À cette fin, il envoie ses disciples dans les villages de Galilée. Son «vin» est nouveau, nécessite de «nouvelles outres». Jésus ne se présente pas comme le fondateur d’une nouvelle religion, pas même comme un «enseignant en Israël», mais plutôt comme un initiateur et un animateur d’activités et de comportements, dans l’humilité.

La mort d’une religion

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 LA  MORT  D’UNE  RELIGION

                 Eh oui ! les religions sont comme les êtres humains, elles naissent un jour, elles vivent, grandissent, prospèrent, puis elles sont malades et un jour aussi, elles meurent et disparaissent. Leur vie est seulement habituellement plus longue que celle des hommes, elle se compte en siècles plutôt qu’en années, à tel point que beaucoup d’adeptes et de fervents adhérents ont souvent été persuadés de leur immortalité. Au cours de son histoire, l’humanité  a cependant  connu bien des exemples de mort de religions. A Babylone on en a déjà fait l’expérience, puis les religions des Hittites, des Egyptiens, des Grecs, des Celtes, des Etrusques, des Romains, toutes y ont passé. Certaines ont vécu plus de trois mille ans, mais la moyenne se situe plutôt vers les deux millénaires. Il y a quelques exceptions comme pour confirmer la règle : le Judaïsme en est une, le Bouddhisme aussi, mais le Bouddhisme est-il vraiment une religion ?

Pourquoi la religion catholique échapperait-elle à ce qui paraît être une loi universelle ? Le cardinal Martini, jadis archevêque de Milan et père du Concile Vatican II, a parfois dit que l’Eglise catholique avait dans la société un retard de deux siècles au moins. Maintenant il faudrait bien lui en reconnaître trois. Quand les peuples ou les nations ont à surmonter des obstacles importants comme des guerres, des invasions, des migrations obligées, il n’y a qu’une seule règle et chance de survie, c’est l’adaptation. S’adapter aux changements c’est sauver sa vie. C’est, semble-t-il, ce que l’Eglise catholique n’a pas su ou pu ou voulu faire, depuis quelques siècles. Elle n’a pas accepté les grandes révolutions, ni en France, ni en Italie, ni en Russie, ni en Espagne, et les petites seulement où et quand cela l’arrangeait. Elle n’a jamais été pour le progrès par les lumières ou par la science. Prisonnière de ses dogmes et d’une morale dite naturelle, elle n’a pu accepter spontanément Darwin et l’évolution, Voltaire et le goût des libertés, Marx et le socialisme, Einstein et la relativité, Gandhi et l’autonomie des peuples dans la paix, Renan, Loisy et le Modernisme, Freud et la psychanalyse, pour n’en citer que quelques-uns. Elle a toujours refusé d’envisager le droit au divorce, à l’avortement, à l’homosexualité, à la pilule contraceptive, à la procréation médicalement assistée, au mariage pour tous, au suicide, à l’euthanasie. Elle s’oppose avec obstination à l’ordination des femmes, au mariage des prêtres, à la franc-maçonnerie et à la liberté de pensée. Bref, elle a multiplié à l’infini les blocages et les refus.

Ce n’est pas seulement la pédophilie d’un certain nombre de prêtres qui pose problème, c’est aussi et surtout le décalage d’avec la vie. Pourquoi la fréquentation des églises a-t-elle baissé de façon aussi catastrophique depuis la dernière guerre mondiale ? Pourquoi les sacrements ne font-ils plus partie des signes sensibles de la vie pour beaucoup ? Pourquoi les vocations sacerdotales et religieuses sont-elles devenues si rares, alors que les O.N.G. continuent à recruter parmi les jeunes ? Tant de questions qui sont restées sans réponse, qui bien souvent n’ont même pas été posées, car il y a une sorte de silence orgueilleux et totalitaire de sa hiérarchie qui s’est appesanti sur les difficultés de l’Eglise. Le problème est sérieux, le pape François en est conscient, mais beaucoup refusent encore de le comprendre et de l’envisager. Nombreux sont ceux qui ont été tentés par des échappatoires. Les paroisses ont été désertées et certains ont trouvé leur chemin dans des communautés de base, dans des mouvements charismatiques, des équipes de recherche spirituelle. Le tissu ecclésial s’est diversifié à l’infini pour correspondre aux aspirations particulières, mais en divisant allégrement le peuple de Dieu, peut-être ainsi devenu adulte, mais échappant à sa hiérarchie. Un membre de l’Opus Dei n’est pas un membre de Sant Egidio, tant s’en faut. Un membre de l’Emmanuel, n’est pas de Jérusalem ni des Béatitudes. Un membre de Taizé n’est pas du chemin neuf, ni légionnaire du Christ. Un dignitaire de l’Ordre de Malte n’est pas un théologien de la libération. Cela semblerait vouloir dire que maintenant une telle diversité est offerte à tous, que chaque croyant doit pouvoir y trouver sa voie, sa vérité, sa vie ? Cela pourrait aussi signifier l’éclatement d’une religion en un grand nombre d’options dont certaines sont, au pire, antinomiques. A quoi peut servir une religion si elle ne rassemble plus ?

Il y a quelques années, en tant que prêtre ouvrier j’ai publié un livre intitulé Adieu l’Eglise. Beaucoup en ont conclu que je partais, déçu ou rejeté, et peu de lecteurs ont compris qu’en fait je disais adieu à une Eglise qui semblait, elle, s’en aller, quitter la vie des gens, s’éloigner d’un monde du travail qui cependant vivait, plus qu’on ne pouvait le penser, de façon presque naturelle, des valeurs chrétiennes. De là à dire que l’avenir du Christianisme, du message chrétien, se trouve désormais ailleurs que dans une religion et n’a véritablement plus besoin de liturgie, de sacrements, de prêtres et d’églises ! Pourquoi pas ?

Jorge Bergoglio voudrait ouvrir l’Eglise, mais pour en faire une démocratie, cela ne suffit pas, il faudrait inventer des syndicats de diacres, de prêtres, d’évêques et peut-être de cardinaux, il faudrait y créer des partis, des élections, y favoriser une liberté d’options et de parole. Il y a peu de chances qu’il y parvienne, aucune religion n’a d’ailleurs jamais été une démocratie, et puis l’opposition de la Curie, des conservateurs et des intégristes encore nombreux l’en empêchera certainement. Alors, l’Eglise ? Elle va continuer à se dégrader lentement, très lentement car le poids des institutions va dans le sens du maintien des traditions, jusqu’à la dernière goutte de sueur et d’énergie. Même si des groupes ont l’impression que des morceaux d’Eglise rajeunissent et font rayonner leur témoignage, le constat d’ensemble ne laisse aucun doute. Ce n’est pas en important massivement des prêtres d’autres régions du monde, ni en organisant à grands frais des rassemblements massifs qu’on va sauver l’institution. Les paroisses sont désertées, des églises sont à vendre, les séminaires ferment, les couvents se vident et se transforment en maisons de repos, les religieux et religieuses de différents ordres ou congrégations fusionnent. Il n’y a plus que les brasseries monastiques qui sont en pleine expansion et parfois jouent un rôle social régional qui n’est pas négligeable.

Une religion qui meurt ce n’est pas nécessairement triste et désastreux. On a bien souvent récupéré les pierres des temples abandonnés pour en faire des maisons pour le peuple. Espérons seulement qu’il y aura toujours quelques hommes et quelques femmes pour penser que le Christianisme c’est autre chose qu’une religion, c’est une philosophie, une sagesse de vie, un sens de l’existence.

Jacques MEURICE, prêtre ouvrier e/r

Ouvrages de Jacques Meurice :
Adieu l’Eglise, chemin d’un prêtre ouvrier
, Edit. L’Harmattan, Paris, 2004.

Jésus sans mythe et sans miracle, l’évangile des zélotes, Edit. Golias, Villeurbanne, 2009.

Pédophilie en Suisse : et ça continue !

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Pédophilie: le prêtre qui a abusé de Daniel Pittet a été exclu par le Vatican

Daniel Pittet avait révélé en février les abus dont il avait été victime enfant.

Daniel Pittet avait révélé en février les abus dont il avait été victime enfant.© KEYSTONE (ARCHIVE)
ÉGLISE – En février, le Fribourgeois Daniel Pittet révélait dans son livre les abus sexuels dont il avait été victime enfant. Si ce crime est prescrit par la loi, le Vatican a exclu de son ordre le père capucin pédophile. Ce dernier sera tout de même hébergé par les religieux en raison de son grand âge et de son état de santé.
Le père capucin qui a abusé sexuellement du Fribourgeois Daniel Pittet a été exclu de l’ordre par le Vatican. Il ne peut par ailleurs plus exercer en tant que prêtre.
Le 20 mai, la Congrégation pour la doctrine de la foi à Rome a décidé de le libérer des voeux monastiques et de le réduire à l’état laïc, apprend-on samedi sur le site officiel des capucins de Suisse. Les religieux vont cependant continuer à héberger le prêtre de 76 ans, car il est « malade et fragile ».

Un livre comme déclencheur

Daniel Pittet a publié en février « Mon Père, je vous pardonne… survivre à une enfance brisée », un témoignage de son calvaire. Le bibliothécaire de 58 ans raconte avoir été violé par un prêtre capucin dès l’âge de 9 ans à Fribourg entre 1968 et 1972. Le père est nommé dans l’ouvrage et M. Pittet lui avait même permis de s’y exprimer. Le pape François a préfacé le livre.
Le 17 mai, une commission d’enquête indépendante a commencé à examiner les révélations du Fribourgeois à la suite de la publication de l’ouvrage. Les résultats devraient être disponibles dans quelques mois. Les faits sont prescrits.

Pas un jour en prison

En 1989, Daniel Pittet a alerté le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, après avoir rencontré un enfant victime du prêtre pédophile. Les capucins ont muté le prêtre en France, à Grenoble, puis à Lyon après de nouveaux soupçons. Il vit aujourd’hui dans un couvent de capucins en Suisse alémanique.
Dans les années 2000, Daniel Pittet a témoigné à la télévision. Le Ministère public fribourgeois a enquêté. Son rapport rendu public en 2008 recensait en Suisse 22 victimes entre 1958 et 1995 (Fribourg, Vaud, Valais, Genève). Mais tous ces cas étaient prescrits. M. Pittet estime que le prêtre a fait une centaine de victimes.
Le bourreau n’a pas passé un seul jour en prison. Sa seule sanction a été une peine de deux ans et demi avec sursis, pour des abus sur son neveu et sur un autre enfant dans les années 1990. Ce jugement a été rendu par le Tribunal de grande instance de Grenoble en 2012.
Conférence des évêques: le supérieur du prêtre pédophile démissionne de la commission sur les abus sexuels

Daniel Pittet, victime du prêtre pédophile, a raconté les abus sexuels subis dans son enfance.

Daniel Pittet, victime du prêtre pédophile, a raconté les abus sexuels subis dans son enfance.
PÉDOPHILIE – L’ancien supérieur du prêtre pédophile, qui s’était contenté de déplacer le capucin sans le dénoncer à la justice, a démissionné de la commission sur les abus sexuels au sein de l’église.
L’ancien chef des capucins, qui a eu connaissance des abus du prêtre pédophile sur Daniel Pittet, l’auteur du livre « Mon Père, je vous pardonne », a démissionné de la Commission d’experts « Abus sexuels dans le contexte ecclésial ». Cette instance fait partie de la Conférence des évêques suisses (CES).
L’information, révélée vendredi par Le Matin est confirmée par la CES sur son site en ligne. Le religieux a annoncé mercredi son retrait immédiat. Il avait été nommé il y a trois mois.
Dans une interview au Matin cette semaine, Charles Morerod, président de la CES, a admis que ses collègues et lui-même n’étaient « pas conscients de l’ampleur de l’implication de ce capucin dans la mauvaise gestion de l’affaire du prêtre pédophile » au moment de sa nomination.
L’ancien Provincial de la congrégation, qui avait pris ses fonctions en 2001 et du même coup hérité du cas Daniel Pittet, a admis avoir fait preuve de négligence à l’époque. « On aurait dû creuser davantage au lieu de simplement le déplacer. J’aurais dû signaler le cas à la justice« , a-t-il déclaré dans une interview au Matin.
L’actuel Provincial des capucins Agostino del Pietro regrette aussi que ses prédécesseurs n’aient pas dénoncé le Père abuseur. « Mais dans les cercles d’Eglise, on pensait que les déplacements suffisaient à résoudre le problème« , explique-t-il dans une interview du portail kath.ch.
Le Père del Pietro réfute que l’Eglise ait voulu couvrir le pédophile. « Ce n’est pas le terme exact pour l’époque, contrairement à aujourd’hui qui applique le principe de la tolérance zéro », selon lui. Pour le religieux, les capucins doivent amorcer une réflexion de fond, afin de discerner les erreurs commises et éviter qu’elles ne se reproduisent.
TÉMOIGNAGE – Abusé par un prêtre capucin quand il était enfant durant quatre ans, Daniel Pittet, un Fribourgeois aujourd’hui âgé de 58 ans, publie « Mon Père, je vous pardonne », un livre préfacé par le pape. Il espère ainsi encourager d’autres victimes à témoigner.
Un Fribourgeois qui a été violé durant des années par un prêtre pédophile dans son enfance publie un livre de témoignage qui fait grand bruit. L’auteur accorde son pardon, mais appelle aussi les victimes d’abus à parler. L’Eglise promet une enquête.
L’affaire avait déjà été médiatisée en 2008. Elle revient sur le devant de la scène avec le témoignage détaillé de la victime Daniel Pittet, dans son ouvrage intitulé « Mon Père, je vous pardonne ». Le livre, préfacé par le pape François, sortira en librairie vendredi.
Le bibliothécaire âgé de 58 ans y raconte qu’il a été violé par un prêtre capucin dès l’âge de 9 ans à Fribourg entre 1968 et 1972. Aujourd’hui père de famille, il a gardé la foi, et il a pardonné l’abuseur. Il lui a même permis de s’exprimer dans le livre. Mais il espère que ce récit aidera d’autres victimes à parler.
 Justice impuissante
En 1989, Daniel Pittet a alerté le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, après avoir rencontré un enfant victime du prêtre pédophile. Les capucins ont déplacé le prêtre en France à Grenoble, puis à Lyon après de nouveaux soupçons. Aujourd’hui, il est âgé de 76 ans et vit dans un couvent de capucins en Suisse alémanique.
Dans les années 2000, Daniel Pittet a témoigné à la télévision. Le Ministère public fribourgeois a enquêté. Son rapport rendu public en 2008 recensait en Suisse 22 victimes entre 1958 et 1995 (Fribourg, Vaud, Valais, Genève). Mais tous ces cas étaient prescrits. Daniel Pittet, lui, estime que le prêtre a fait une centaine de victimes.
Le bourreau n’a pas passé un seul jour en prison. Sa seule sanction a été une peine de deux ans et demi avec sursis, pour des abus sur son neveu et sur un autre enfant dans les années 1990. Ce jugement a été rendu par le Tribunal de grande instance de Grenoble en 2012.

Mea culpa des capucins

Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg et président de la Conférence des évêques suisses, a été interpellé par les informations détaillées dans l’ouvrage de Daniel Pittet. Il souhaite faire la lumière sur la possible implication d’autres personnes.
Aidés par une instance juridique indépendante, les capucins de Suisse vont établir dans quelle mesure d’autres victimes pourraient être identifiées. Les résultats des enquêtes du diocèse et des capucins seront communiqués « en temps voulu ».

Chrétiens en Galilée : 2/3 de Prêtres mariés

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Les fidèles de l’Eglise de Galilée en recherche d’identité
(c ath.ch, Lausanne – 23 9 17)

Mgr Georges Bacouni, archevêque melkite de Saint-Jean-d’Acre en Suisse à l’invitation de l’Association Suisse de Terre Sainte (Photo: Jacques Berset)

22.09.2017 par Jacques Berset, cath.ch
Les chrétiens arabes en Israël sont une petite minorité au sein de la population arabe, majoritairement musulmane, qui est elle-même une minorité au sein de l’Etat juif. “Malgré certaines difficultés, leur situation est sans aucun doute bien meilleure que celle des chrétiens des pays voisins, à l’exception du Liban!”, confie à cath.ch Mgr Georges Bacouni, à la tête de l’archiéparchie de Saint-Jean-d’Acre depuis l’été 2014.
Mgr Bacouni, qui réside au 33 de la rue Hagefen, à Haïfa, était de passage en Suisse durant la semaine à l’invitation de l’Association Suisse de Terre Sainte, à Lucerne. Son archidiocèse melkite d’Acre, Haïfa, Nazareth et toute la Galilée regroupe près de 70.000 fidèles dans 32 paroisses situées au nord d’Israël, auxquelles s’ajoute la paroisse de Zababdeh, près de Jénine, en territoire palestinien.

Deux tiers de prêtres mariés
Les chrétiens arabes ne forment que le 1,7% de la population israélienne. Ils n’auront jamais de ministre pour les représenter, mais pour le reste, assure-t-il, ils jouissent à l’heure actuelle des mêmes droits sociaux que les autres citoyens du pays. Une situation meilleure que dans la Ville Sainte, où les patriarches et chefs des Eglises chrétiennes de Jérusalem ont, début septembre, accusé Israël de vouloir “affaiblir la présence chrétienne en Terre sainte”. Ils reprochent à l’Etat hébreu de chercher à limiter les droits des Eglises sur leurs propriétés, notamment en s’en prenant au “Statu quo” qui régit le partage des Lieux Saints depuis le XIXe siècle.

“Nous avons, pour nos paroisses, 36 prêtres, dont les 2/3 sont des prêtres mariés. Comme nous n’avons pas suffisamment de moyens pour pouvoir les salarier, une bonne partie d’entre eux ont, à côté de leur ministère, un travail salarié. Ils sont par exemple enseignants, catéchètes, guides touristiques pour les lieux chrétiens, voire directeurs d’écoles appartenant au diocèse. Cela doit être un métier en harmonie avec leur vocation!”

Un archidiocèse qui croule sous les dettes
Les problèmes financiers sont en effet un gros souci pour l’archevêque de Galilée. “Je suis une vocation tardive, car avant de devenir prêtre, j’ai travaillé pendant plus d’une décennie dans la banque et dans la comptabilité. J’avais une licence en gestion d’affaires (spécialisation “comptabilité et financement”). J’ai travaillé durant plus d’une décennie à la Banque commerciale de Beyrouth, où j’ai été chef de service, et comme comptable pour une société de haute couture. On savait que notre Eglise en Galilée avait un gros problème d’endettement. Je devais être un des rares évêques qui connaissaient quelque chose aux finances. Et c’est peut-être pour cela qu’on m’a nommé à la tête de ce diocèse, pour assainir les finances…”

Mgr Georges Wadih Bacouni est à la tête de l’archidiocèse grec-catholique melkite d’Acre, Haïfa, Nazareth et toute la Galilée depuis l’été 2014 (Photo: Jacques Berset)
Mgr Georges Wadih Bacouni est à la tête de l’archidiocèse melkite d’Acre, Haïfa, Nazareth et toute la Galilée depuis l’été 2014 (Photo: Jacques Berset)En arrivant à Haïfa en août 2014, Mgr Bacouni a trouvé “un gros endettement, une ardoise de 27 millions de shekels, soit quelque 7,4 millions de francs suisses. Sur le total, 5,2 millions de francs de dettes sont dues en partie à la mauvaise gestion des écoles du diocèse, mais également du fait de la réduction des subventions de l’Etat israélien à nos écoles. Malheureusement, nous ne sommes pas toujours traités de la même façon que les autres écoles de la même catégorie, qu’elles soient juives, druzes ou musulmanes. Les écoles juives orthodoxes ont droit à 100% des subventions, pas les nôtres”.

Liberté religieuse
Du point de vue religieux, par contre, l’évêque de Galilée affirme ne pas ressentir de discrimination. Haïfa a une tradition de convivialité: il peut se promener en habits religieux dans la rue ou visiter des institutions de l’Etat sans qu’il y ait de remarques d’aucune sorte. En Galilée, quand l’Eglise organise des processions dans les villages ou en ville, la police en assure la protection. “Il n’y a jamais eu d’interdiction ni d’hostilités de la part des juifs ou des musulmans”.

Propagande islamiste devant la basilique de la Nativité à Nazareth, en 2014 (Photo: Maurice Page)
Mais, admet-il, si les chrétiens sont relativement bien traités en Israël, étant une petite minorité, ils ont souvent un sentiment d’infériorité. L’évêque de Galilée note que la situation est bien meilleure pour eux depuis quelques années. “Ainsi, l’an dernier, à l’occasion de l’Epiphanie, pour la première fois, une messe a pu être célébrée au sein du Technion à Haïfa, qui est une haute école polytechnique hébraïque. Un de nos prêtres mariés est professeur au Technion, cela montre que l’ouverture est plus grande que dans le passé!”

L’Eglise, seul lieu d’expression de l’identité des chrétiens arabes
En ce qui concerne ses fidèles, l’évêque de Galilée note que l’Eglise est pour eux souvent autre chose qu’un lieu spirituel, de culte et d’adoration: c’est pour beaucoup de chrétiens palestiniens le seul lieu d’expression de leur identité, “même s’ils sont communistes ou athées”.

En effet, il y a beaucoup de problèmes dans les paroisses qui n’ont rien à voir avec le spirituel, mais qui ne peuvent se résoudre que là, par manque d’institutions adéquates. “Une partie non négligeable de nos chrétiens s’identifient à leur confession car ils n’ont pas d’autres organisations pour les défendre, mais ce n’est qu’une minorité qui pratique. On peut s’interroger sur le témoignage de nombre d’entre eux, qui ne s’adressent à l’Eglise que quand ils en ont besoin pour se marier – il n’y a pas de mariage civil en Israël, et s’ils ne veulent pas passer par l’Eglise, ils doivent aller se marier à l’étranger – ou pour les funérailles.

Pas de mariage civil en Israël
“Des catholiques se déclarant athées doivent tout de même se marier à l’Eglise s’ils ne veulent ou ne peuvent le faire civilement à l’étranger. Pour le divorce, des fidèles de notre Eglise vont chez les orthodoxes, car la procédure est plus rapide. Ils paient une somme d’argent, et ils obtiennent le divorce en 2 ou 3 mois. Chez nous, cela allait beaucoup plus longtemps. Et comme beaucoup de nos catholiques n’ont plus de grandes convictions, en cas de divorce, ils veulent se débarrasser de leur mariage le plus vite possible. Depuis quelque temps, le pape François a simplifié la procédure d’annulation de mariage devant les tribunaux ecclésiastiques. On ne va plus devant la deuxième instance, sauf en cas de désaccord entre les parties”.

Mgr Bacouni note également une réalité très présente en Israël, pays où l’avortement est gratuit: “C’est rare ici de voir des enfants handicapés de naissance, très rares de voir des trisomiques dans les familles. L’Etat, les médecins, encouragent l’IVG en cas de problèmes. S’il y a un risque de handicap, les médecins font pression sur les parents…”

Le lac de Tibériade, vu du monastère de Tabgha (Photo: Maurice Page)
La famille en danger
L’évêque de Haïfa regrette qu’il n’y ait pas de lieux d’écoute pour les familles dans toute la Galilée. “Il y a seulement un couple, à Haïfa, qui accueille dans le foyer du Christian Family Center des femmes avec enfants, mais ils n’ont qu’une grande chambre à disposition. Il y a de nombreux cas où les relations hommes/femmes sont difficiles, et il n’y a pas de lieux d’accueil pour les mères”. Il souhaite par conséquent développer le Christian Family Center, une institution plus que jamais nécessaire au sein de sa communauté en perte d’identité.

L’Eglise reste très traditionaliste et cléricale
Mgr Bacouni remarque encore que l’Eglise a tendance à perdre la jeunesse: “Un de nos problèmes est que nos traditions et notre liturgie sont très anciennes, et de forme inamovibles. Pour les jeunes, les expressions de la foi peuvent paraître étranges, exprimées dans des concepts théologiques compliqués. Les jeunes aiment la musique, mais la liturgie orientale n’utilise pas d’instruments de musique… Ils ne peuvent s’exprimer que dans deux lieux, à savoir les paroisses et les écoles, et là, ils se heurtent aux ‘gardiens, qui veulent maintenir une tradition socio-culturelle plutôt que développer un attachement à la personne de Jésus Christ. Alors que tout autour le monde change, nos jeunes partent du village pour étudier, trouver du travail, l’Eglise doit changer, mais ces ‘gardiens’, tant des laïcs que des membres du clergé, demeurent fermement attachés aux anciennes formes, ‘parce que cela a toujours été comme ça’”.

Le danger pour le christianisme local, c’est de ne pas approfondir la spiritualité, d’en rester au superficiel. “L’immense majorité de mes fidèles ne connaissent pas bien leur religion; ils ne lisent pas les Ecritures, l’Evangile. Notre Eglise n’est pas très ouverte aux laïcs et aux nouveaux mouvements. Beaucoup chez nous craignent d’être ‘latinisés’ et ont peur qu’on leur arrache ainsi leur identité. Le plus grand défi, chez nous, c’est la redécouverte de Jésus Christ dans notre vie!”. (cath.ch/be)

Biographie
Mgr Georges Wadih Bacouni est né le 16 mai 1962 Aïn al-Roummaneh, près de Beyrouth, mais ses parents avaient quitté Haïfa en 1948, lors de la fondation de l’Etat d’Israël.  L’archevêque melkite d’Acre, Haïfa, Nazareth et toute la Galilée, qui a vécu la convivialité entre communautés notamment durant une décennie à la tête du diocèse de Tyr, au sud du Liban, en fait aujourd’hui l’expérience à Haïfa, une ville tolérante, considérée comme la “capitale” du nord d’Israël.

“Dans cette région, la convivialité entre chrétiens, musulmans et juifs est une réalité. On accepte de plus en plus les chrétiens dans la société, et à Haïfa, il n’y a encore jamais eu de graffitis ou de slogans hostiles aux chrétiens sprayés sur la porte des églises, comme c’est le cas ailleurs en Israël, à Jérusalem ou dans les territoires palestiniens. Ici, nous avons affaire à des modérés, les gens désirent vivre ensemble!”

Dans la ville portuaire du nord d’Israël vivent quelque 15’000 grecs-catholiques melkites, mais également des grecs-orthodoxes, des catholiques latins, des maronites, des protestants et d’autres, sans parler des migrants venus de Russie, d’Ukraine, d’Inde, des Philippines ou d’Ethiopie, qui ont pour une part des racines chrétiennes. JB

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Pédophilie de prêtres : En Suisse aussi !

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L’église catholique valaisanne identifie dix prêtres pédophiles

Après un appel de la Conférence des évêques suisses, l’évêché de Sion a cherché les cas en Valais. Il portent sur une dizaine de prêtres, dont trois vivants, pour des actes prescrits. Les défenseurs des victimes contestent ces chiffres

Une dizaine de prêtres pédophiles ont été identifiés par le diocèse de Sion. Trois d’entre eux sont toujours en vie. C’est le bilan établi un peu plus d’un an après l’appel lancé par la Conférence des évêques suisses (CES) depuis la Basilique de Valère, a annoncé mercredi la radio Rhône FM.

Les cas sont tous prescrits. Ils ont eu lieu entre les années 50 pour les plus anciens et 1992 pour le plus récent. Ils ont été commis par une dizaine de prêtres, identifiés grâce au témoignage d’une dizaine de victimes qui se sont annoncées auprès du diocèse de Sion, indique Rhône FM.

A Fribourg: Prêtre pédophile exclu de l’ordre des capucins par le Vatican

Le défenseur des victimes juge qu’on est loin de la réalité

Selon Gérard Falcioni, qui fait partie de ces victimes, ces chiffres sont bien loin de la réalité. Gérard Falcioni a affirmé à la radio valaisanne avoir rencontré une cinquantaine de victimes. Pour faire cela, il s’est déplacé dans les différentes vallées du canton. D’autres ne vivent plus en Valais. Beaucoup d’entre elles ne souhaitent pas parler publiquement.

Le débat politique: Pédophiles travaillant avec les enfants: le National opte pour un texte sévère

Eviter la récidive

Jean-Marie Lovey, l’Evêque actuel du diocèse de Sion, est convaincu que ses prédécesseurs ne lui ont rien caché. De plus, le déplacement dans une autre paroisse était à l’époque une manière reconnue comme adéquate pour éviter la récidive du prêtre pédophile, a-t-il affirmé à Rhône FM.

Il s’agissait d’une façon de s’assurer que l’auteur ne soit plus en contact avec des enfants. Cela relève quand même d’une mesure de protection et de soucis qu’avaient les responsables, selon l’évêque de Sion. Dans les archives secrètes du diocèse, il n’y a aucun cas de prêtres pédophiles, a enfin assuré Jean-Marie Lovey, qui a également demandé pardon et réitéré son appel aux victimes.

Plus de 200 cas dénoncés en Suisse

En Suisse, 218 cas d’abus ont été annoncés entre 2010 et 2016, indique la dernière statistique des dénonciations de la CES, présentée début décembre 2016 à Valère. La plupart (quelque 230) ont eu lieu entre 1950 et 1980. Cependant, 25 abus ont eu lieu entre 2010 et 2016.

Lors du déroulement des faits, la plupart des victimes étaient des enfants (fille ou garçon) jusqu’à 12 ans ou des garçons entre 12 et 16 ans. La statistique des cas annoncés est établie chaque année depuis 2010 par une commission d’experts mise en place par la CES.

La dizaine de prêtres pédophiles et de victimes en Valais dont parle Rhône FM seront vraisemblablement recensés dans la statistique nationale 2017. Celle-ci rendra connus les autres cas dénoncés depuis décembre 2016 dans le reste des diocèses suisses. Elle n’a pas encore été publiée.